And if I stay… (seum d’une nuit d’été)

Plongée dans le prochain film starring Chloé Grace Moretz, en salle le 17 septembre.

Et si je reste… Si j’étais restée, si j’avais eu le choix, si j’avais pu comprendre, vivre. Littérature adolescente, je t’ai conspuée, je t’ai évitée et vendue comme je le pouvais, tâtonnements obscurs d’un orgueil littéraire bourgeois. Et je t’envie, maintenant. Je l’envie. Mia, ses dix-sept ans, sa fraîcheur, ses années lycées, son mec et son violoncelle. Je hais cet amour qui n’a d’ombres que celles de la crainte de la distance. Je le hais comme on hait quelque chose que l’on n’a jamais vécu, et qui pourtant nous manque. Paradoxe d’une nostalgie profonde, Emma Bovary des sentiments. Jalousie et tendresse pour cette adolescente dont l’innocence blonde a quelque chose d’angélique.

Je hais ce drame, je hais ces mauvaises nouvelles qui s’enchaînent et qui me font monter malgré moi des larmes. Je hais cet ennui, cette joie dans les réminiscences, de quelque chose qui m’a été volé. Envie d’écouter du rock ado, des paroles mièvres et légères, envie de réécouter cette version du Today des Smashing Pumpkins, en acoustique accompagné du violoncelle. Je voudrais ce feu, cette ambiance de colonie de vacances, l’insouciance des premières amours. Et je pleure ce que je n’ai vécu, comme un deuil inconsolable d’un passé qui m’a mis un couteau sous la gorge. Je pleure ces mots niais qui ne semblent plus qu’être du domaine de la fiction, cette fidélité théâtrale et romanesque qui n’est plus qu’un fantasme évanescent.

Si je reste est à la fois beau et chiant, énervant par cette perspective presque sans heurt d’un quotidien banal quoique précieux. Prévisible et tirant sur les leviers les plus évidents de l’émotion brute. Brute comme ce montage, parfois maladroit et déconcertant. Convenu comme le sont les histoires adolescentes, ficelles énormes et agaçantes. Bien servi par ces acteurs frais. Par le sourire et la justesse de Chloé Grace Moretz, qu’il me plait de voir grandir et s’aguerrir. Ressortir de la salle triste, soulagé, nostalgique. A vous de voir.

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