Et si tu fermes les yeux, tu verras la mer

C’est quand tes yeux te brûlent le plus, quand tu es à deux doigts de t’effondrer sur ton clavier après avoir mis le point final à la énième présentation ppt que tu fais, à ce moment précis où tu t’autorises une pause, que les souvenirs reviennent. 

Ecrire. Pas pour figer les souvenirs. Plutôt les convoquer. A travers la fumée de ta cigarette. Peut-être un article avorté. Un énième. Le ciel bleu, étonnant pour cette Normandie réputée pluvieuse à toutes périodes de l’année. Le sable. Les silhouettes anonymes. Oublier le digital, le temps d’un weekend. Soupirer. Il y a à peine un jour, tu étais loin de l’hystérie parisienne. Le métro, le RER, les retards, les mauvaises surprises et les rencontres étranges. Le temps qui court contre toi. Le travail qui s’accumule. Là, encore, un plan de communication à pondre dans l’urgence. Là-bas, tout ceci n’existe pas. Il n’y a que le crépitement du feu, l’odeur iodée de la mer, la sécurité du toit qui t’a vue grandir. Sous tes pieds, le sable fin. Cette présence à tes côtés. Ce sourire. Le bruit des vagues qui s’écrasent contre les digues. Tu reprends ton souffle. Le temps d’un weekend en coup de vent. Le pouvoir de fascination du galop de ce cheval, la sensation de brûlure sur ta paume quand il s’est défendu contre tes demandes. La sensation du cuir de la selle. Tu t’es sentie vivre. La méfiance n’avait d’égal que l’euphorie d’enfin pouvoir revendiquer ce cheval comme le tien.

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La beauté éphémère des marais de Carentan, pleins. Les dunes de Lindberg, que tu haïssais autant que ton ennui dans tes tendres années, et que tu cherches aujourd’hui, comme un point d’ancrage dans la tempête. Et quand tu as vu Mantes-la-Jolie, ton coeur s’est serré. Les barres d’immeubles, le béton muet. Les scarifications sur les vitres du RER. La nasse grouillante de Paris. Cette foule houleuse à l’intelligence furtive. Remettre le pied sur ton territoire des Hauts-de-Seine. La promesse d’un retour prochain. Vite. Le temps court toujours contre toi.

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